Jade Ijada
Entrée en matière : ce qui figure sur chaque fiche de jade du site

Ce que je publie sur chaque fiche de jade, et pourquoi

Cette page décrit ce qui figure sur chaque fiche produit de ce site, champ par champ, et explique aussi les cases que je laisse vides.

Chaque fiche porte cinq champs : le minéral nommé, jadéite ou néphrite ; le statut de traitement, qui est non déterminé et dit pourquoi ; la masse dans l’air, la masse immergée, la masse volumique obtenue et la date du relevé ; la précision que je pèse un exemplaire par référence et non la pièce qui part chez vous ; et le rappel que je mesure sans certifier.

Je m’appelle Jade, je tiens un atelier de bijoux en jade : je choisis les pièces, je les fais monter, et je pèse un exemplaire de chaque référence avant la mise en vente. Je ne suis ni gemmologue ni thérapeute : ce qui suit décrit une mesure et ses limites, pas une expertise.

Les cinq champs, dans l’ordre

Une fiche de ce site n’est pas une page de vente à laquelle on aurait ajouté des chiffres : les chiffres en sont la charpente. Ces cinq champs ne sont donc pas dispersés au hasard, et voici où chacun se trouve.

  • Le minéral, dans le titre de la fiche et dans la première ligne de la description : c’est la première chose lue.
  • Le statut de traitement, juste en dessous, avec sa raison. Une fiche ne part pas en ligne sans lui.
  • La mesure et sa date, dans un bloc à part, quand j’ai pu peser la pierre nue de l’exemplaire.
  • La portée de cette mesure, dans ce même bloc et pas à un lien de distance.
  • La limite, en bas de fiche : je mesure, je ne certifie pas.

Le protocole, lui, vit sur la page de la pesée. Cette page-ci décrit ce que vous lisez, pas ce que je fais.

Le minéral nommé, et le chiffre qui le fonde

Le mot jade recouvre deux minéraux sans parenté, la jadéite et la néphrite, séparés en 1863 par le minéralogiste français Alexis Damour : ni la même famille, ni la même dureté, ni le même marché. Le détail est sur la page de la pierre de jade et dans jadéite ou néphrite.

Sur une fiche, le mot jade seul ne suffit donc pas. Le titre porte le minéral, et la première ligne de la description le reprend avec le nombre qui le fonde : une jadéite se tient entre 3,25 et 3,36, une néphrite entre 2,90 et 3,03.

La règle a un envers, et c’est lui qui coûte : une pièce qui mesure autour de 2,6 ou de 2,65 est de la serpentine ou du quartzite, elle porte ce nom-là, et le mot jade ne figure pas dans son titre. Les étiquettes composées qui circulent à leur place sont dans les pierres vendues comme jade.

Section sur le minéral nommé et le chiffre qui le fonde
Deux pièces de même couleur peuvent appartenir à deux minéraux différents. Sur une fiche, le titre tranche avant la photo.

Le statut de traitement, et pourquoi il reste non déterminé

C’est le champ que je publierais volontiers rempli, et c’est celui qui ne l’est jamais. Il porte deux mots, non déterminé, suivis de leur raison.

Une jadéite peut avoir été blanchie à l’acide puis imprégnée de résine sans que rien n’en paraisse à l’œil ni sur la balance : la résine ne déplace pas assez de masse pour se voir. La classification qui décrit ces états, A, B et C, est expliquée dans jade A, B et C. Seule une spectroscopie infrarouge en laboratoire la tranche, et je n’ai pas d’appareil. Mon fournisseur ne connaît pas non plus le statut de sa marchandise : je le lui ai demandé le 8 septembre 2026, et il ne sait pas.

D’où une règle de vocabulaire que je tiens partout : je n’écris jamais jadéite A, type A, non traité ni naturel à propos de mes pièces, y compris par omission, parce qu’un silence à cet endroit se lit comme une garantie. L’article 2 du décret n° 2002-65 demande que la dénomination soit complétée par l’indication du traitement ; il ne dit pas ce qu’on écrit quand on l’ignore, et j’écris que je l’ignore. Le reste est sur la fiche d’information sur les traitements.

Trois nombres et une date

Le cœur de la fiche tient en quatre lignes : la masse de la pierre pesée dans l’air, sa masse suspendue dans un verre d’eau, la masse volumique que le rapport des deux donne, et le jour du relevé. La date compte autant que le nombre : elle dit que quelqu’un a posé un objet sur une balance à un moment daté, plutôt qu’une valeur recopiée d’un catalogue.

Trois limites accompagnent ces nombres, dans le même bloc et pas à un lien de distance. Une méthode dont les limites vivent sur une autre page n’est plus une méthode, c’est un argument.

  • Elle ne sépare pas une jadéite blanchie et imprégnée d’une jadéite intacte. Elle nomme le minéral, elle ne dit rien de la résine.
  • Le métal et le fil la faussent. Elle porte donc sur la pierre nue de l’exemplaire, et quand je ne peux pas démonter, je ne publie pas de chiffre.
  • Elle perd sa valeur sur les très petites pièces. Sur une perle de quelques millimètres, l’incertitude de la balance devient du même ordre que l’écart entre 2,95 et 2,65 : le nombre ne départage plus rien.

Un exemplaire par référence, pas chaque pièce

Cette phrase est collée au chiffre sur la fiche, et elle est là pour empêcher une lecture flatteuse. Les pièces partent directement du fournisseur : je ne touche pas celle que vous recevez. Ce que je touche, c’est l’exemplaire que je commande pour moi avant de mettre une référence en ligne. C’est lui que je pèse, c’est son nombre qui est publié, et c’est de lui que la fiche parle.

Sur une pierre, la conséquence est concrète : le vert de votre pièce ne sera pas exactement celui de la photo, et sa masse volumique s’écarterait un peu de celle que j’affiche si vous la mesuriez. Écrire l’inverse, que chaque bijou est pesé, serait vendeur et faux, et n’importe quel acheteur peut le vérifier en posant la question.

Je mesure, je ne certifie pas

Le dernier champ n’est pas un nombre, c’est une limite. Je n’ai aucun diplôme de gemmologie et je ne prétends pas en avoir. Les mots certificat, certifié, garanti et expertise ne figurent sur aucune de mes fiches, et leur absence est délibérée.

Ce que je publie est un relevé daté, refaisable avec une balance de cuisine et un verre d’eau. Ce n’est pas une attestation, et cela ne me met pas à la place d’un laboratoire. Sur un cas litigieux, ma réponse tient en une phrase : je ne peux pas trancher.

Lire le chiffre quand on n’a pas de balance

Une masse volumique de 3,31 ne dit rien à qui n’en manipule pas. Le plus simple est de la traduire en poids : à taille et à forme identiques, les quatre matières qui circulent sous ce nom ne pèsent pas la même chose.

MatièreMasse volumiqueÀ taille égale
Jadéite3,25 à 3,36la plus lourde des quatre
Néphrite2,90 à 3,03environ un dixième de moins
Serpentineenviron 2,6environ un cinquième de moins qu’une jadéite
Quartzite, teint ou nonenviron 2,65du même ordre que la serpentine

Deux bracelets de même diamètre et de même largeur, l’un en jadéite et l’autre en serpentine, diffèrent donc d’environ un cinquième de leur poids, et la main perçoit cet écart quand elle tient les deux à la fois.

Ce n’est pas un test, et je ne le propose pas comme tel. Une main seule n’a pas de référence, deux pièces de tailles différentes ne se comparent pas, et une monture brouille tout. Le soupèse aide à comprendre le nombre publié, il ne le remplace pas. Ce qu’on peut vraiment vérifier chez soi est dans reconnaître une véritable pierre de jade.

Les cases vides, et pourquoi je ne les remplis pas

Une fiche de ce site comporte des trous, écrits comme des trous plutôt que comblés par une valeur plausible. Il y en a quatre sortes.

  • Le traitement, non déterminé, pour les raisons ci-dessus. C’est la case vide la plus visible, et celle à laquelle je tiens le plus.
  • La mesure absente sur une pièce qui m’arrive déjà sertie ou enfilée : plutôt qu’un chiffre faussé par le métal et par le fil, la fiche dit qu’il n’y a pas de pesée, et d’où vient alors le nom du minéral.
  • L’origine géographique, quand mon fournisseur ne la connaît pas ou ne l’établit pas : l’origine de mes jades.
  • Les dimensions et les délais que je n’ai pas relevés moi-même. Une valeur inventée se remarque le jour de la livraison.

Une case vide déçoit sur le moment. Elle a l’avantage de rester vraie six mois plus tard.

Vue sur les cases vides d’une fiche, à commencer par le traitement
Ce qu’une fiche annonce ne pas savoir se relit sans embarras longtemps après la vente.

Ce que j’ai lu sur les autres fiches

Le 8 septembre 2026, j’ai ouvert les neuf concurrents français de la première page sur les requêtes de jade. L’un était hors ligne, trois ne vendent quasiment pas de jade. Sur ceux qu’il restait à lire, je n’ai trouvé aucune fiche qui indique le minéral de sa pièce avec une mesure à l’appui. L’un affiche deux origines contradictoires sur une même fiche, le texte et le tableau se contredisant. Un autre pratique l’échelle A, AA, AAA, qui n’a aucune existence normative et emprunte son alphabet à la vraie classification, celle des traitements.

Une nuance, parce qu’elle est plus honnête que le raccourci : l’un de ces sites, bien classé, explique correctement la classification A, B et C dans ses contenus. Ce qui manque n’est donc pas la mention, c’est le passage de la mention à la fiche.

Les questions qu’on me pose

Pourquoi votre fiche ne dit pas si le jade est naturel ?

Parce que je ne le sais pas. Ma balance nomme le minéral, elle ne détecte pas une imprégnation de résine, et mon fournisseur ne connaît pas le statut de sa marchandise. J’écris donc non déterminé, plutôt qu’un mot rassurant que rien n’étaie.

Puis-je refaire votre mesure chez moi ?

Oui, et c’est un peu le but. Il faut une balance au centigramme, un fil fin, un verre d’eau, et la pierre nue. Vous trouverez peut-être quelques centièmes d’écart : la pièce n’est pas la même et la méthode a son incertitude. Le protocole est sur la page de la pesée.

Pourquoi certaines fiches n’affichent aucun chiffre ?

Parce que la pierre m’est arrivée sertie ou enfilée et que je n’ai pas pu la peser nue. La fiche le dit, et précise que le nom du minéral repose alors sur ce que m’indique mon fournisseur. Un nombre faussé par une monture serait pire qu’une case vide.

La masse volumique dit-elle la qualité de la pierre ?

Non. Elle dit l’espèce minérale, rien de plus. La translucidité, la finesse du grain, l’homogénéité de la couleur et le poli font la qualité d’une pièce, et deux jadéites de même masse volumique peuvent être très éloignées sur ces points.

Vous pesez la pièce que je vais recevoir ?

Non, et c’est écrit sur chaque fiche à côté du chiffre. Je pèse un exemplaire par référence, celui que je commande avant la mise en vente. Les pièces partent directement du fournisseur et je ne les ai pas en main.

Que veut dire véritable sur ce site ?

Du vrai jade plutôt que de la serpentine ou du quartzite teint, c’est-à-dire ce que la pesée établit. Le mot ne veut jamais dire non traité, qui est une autre question et que je ne peux pas trancher. Les deux se confondent souvent dans les annonces, et cet écart est à peu près ce que cette page essaie de rendre lisible.

Où j’ai vérifié

Ce qui vient d’une source nommée. La séparation de la jadéite et de la néphrite, et le mot jadéite lui-même, viennent de la note d’Alexis Damour, Comptes rendus hebdomadaires de l’Académie des sciences, tome 56, 1863 ; je n’en donne pas la pagination, je ne l’ai pas lue. Du décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002, je cite l’article 2, sur l’indication du traitement dans la dénomination, et l’article 10, sur la fiche d’information mise à disposition avant la vente. Les fourchettes de masse volumique sont celles de la littérature minéralogique : je les reprends, je ne les ai pas établies, et leurs bornes varient de quelques centièmes d’une base à l’autre. Je ne les attribue à aucun organisme, ne les ayant relevées dans aucun en particulier.

Ce qui est une observation de marché, datée. Le 8 septembre 2026, j’ai ouvert les neuf concurrents français de la première page et lu leurs fiches produit : le relevé est plus haut et il vaut pour ce jour-là. Le même jour, mon fournisseur m’a confirmé qu’il ne sait pas dire si sa marchandise est traitée.

Ce qui est mon raisonnement. Écrire non déterminé plutôt que me taire, ne publier aucun chiffre sur une pièce que je ne peux pas démonter et dire alors d’où vient le nom du minéral, redire les trois limites dans le même bloc que la mesure, refuser les mots certifié et garanti : ce sont des décisions, pas des faits établis. Si vous trouvez une erreur ici, écrivez-moi : je la corrigerai et je le noterai.

En une phrase

Une fiche de ce site dit le minéral, le nombre qui le fonde, le jour du relevé, sur quoi il a porté et ce qu’il ne prouve pas : c’est peu de chose, et c’est plus que ce que j’ai trouvé ailleurs. Les fiches sont dans la boutique, la méthode sur la page de la pesée.