Document remis avec chaque facture
Fiche d’information sur les traitements
Ce que le décret impose de dire sur les traitements des pierres, ce que recouvre la classification A, B et C du jade, et ce que je sais ou non de chaque référence de cette boutique.
- Fiche mise à disposition avant l’achat, article 10 du décret n° 2002-65
- Le statut de traitement de mes pièces est non déterminé
- Je n’écris ni « jadéite A », ni « type A », ni « non traité »
Pourquoi cette page existe
Le décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002, relatif au commerce des pierres gemmes et des perles, impose à son article 10 qu’une fiche d’information sur les traitements soit mise à la disposition de l’acheteur avant la vente, puis remise avec la facture. Cette page est cette fiche. Elle est accessible depuis chaque produit, depuis la boutique, depuis les conditions de vente et depuis le tunnel de commande, et son contenu est joint à chaque commande.
Une précision que peu de pages font, et qui compte : ce décret ne mentionne ni le jade, ni la jadéite, ni la néphrite. Il ne porte aucune liste positive de noms de gemmes. Ce sont ses règles générales qui s’appliquent au jade, comme à toute autre pierre de son champ.
Le décret lui-même ne prévoit aucune sanction. La répression passe par le code de la consommation : l’article L.441-1 punit la tromperie sur la nature, l’espèce, l’origine ou les qualités substantielles d’un produit, et l’article L.454-1 la sanctionne de trois ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende. Ce n’est pas un détail de rédaction : c’est ce qui fait qu’écrire « jade » sur de la serpentine n’est pas une approximation commerciale.
Ce que le décret demande d’écrire
Deux articles se répondent. Le premier oblige à signaler un traitement, le second en exempte trois pratiques anciennes.
Article 2 : le traitement se dit dans la dénomination
La dénomination de la pierre doit être complétée par le mot « traité » ou par l’indication du traitement subi, dès lors qu’elle a fait l’objet d’une irradiation, d’un traitement au laser, d’un colorant, d’une diffusion en surface, d’un emplissage, ou de toute autre méthode de laboratoire modifiant son apparence, sa couleur ou sa pureté.
C’est ce qui rend indéfendable le nom de « jade de Malaisie » pour un quartzite teint : la couleur est ajoutée, et le nom la cache au lieu de la dire. Le jade teinté, en détail.
Article 3 : trois pratiques échappent à cette mention
Trois pratiques lapidaires traditionnelles n’ont pas à être signalées :
- l’imprégnation par une substance incolore fluide ;
- le traitement thermique ;
- le blanchiment sans colorant ni vernis.
Une question reste ouverte, et je préfère l’écrire que la contourner. Une jadéite dite B est blanchie à l’acide puis imprégnée de résine. Les mots de l’article 3 en sont proches, et savoir si ce procédé entre ou non dans l’exonération demande une lecture du texte que je n’ai pas encore établie.
Cette page ne dépend pas de la réponse : elle dit ce que je sais et ce que je ne sais pas, et je ne sais pas ce que mes pièces ont subi. La question est posée en entier dans l’article consacré à la classification.
Deux mots interdits, et un piège de vocabulaire
L’article 5 interdit « semi-précieux » et « semi-fin » pour tout le champ du décret, sans exception. C’est sa seule interdiction de vocabulaire totale, et c’est aussi celle que le web de la lithothérapie ignore le plus. Ces deux mots ne figurent nulle part sur ce site, ni dans un titre, ni sur une étiquette.
L’article 4 interdit « élevé », « cultivé », « de culture », « vrai », « précieux », « fin », « véritable » et « naturel » pour désigner des produits reconstitués, composites, synthétiques, artificiels ou d’imitation. Le mot « véritable » reste donc parfaitement légitime sur une pierre qui en est une : c’est même exactement son emploi. Ce que « pierre précieuse » veut dire, et ne veut pas dire.
La classification A, B et C
C’est la seule classification qui existe pour la jadéite, et elle ne parle que du traitement, jamais de la beauté ni de la qualité de la pierre. Elle est d’usage international dans le négoce.
| Catégorie | Ce qu’elle décrit | Conséquence pour l’acheteur |
|---|---|---|
| A | Jadéite dont la couleur et la structure n’ont pas été modifiées. Taille et polissage seulement. | C’est la seule catégorie qui garde sa valeur dans le temps et qui ne craint ni la chaleur ni les ultrasons. |
| B | Jadéite blanchie à l’acide, ce qui retire les impuretés brunes, puis imprégnée de résine pour lui rendre sa cohésion. | La résine jaunit et se fissure avec les années. La pierre ne supporte ni les ultrasons, ni la vapeur, ni un choc thermique. |
| C | Jadéite teintée, souvent après un traitement B. La couleur est ajoutée. | La teinture s’estompe à la lumière et peut migrer au contact d’un solvant. |
L’échelle « A / AA / AAA » que vous verrez ailleurs n’a aucune existence. Elle emprunte la lettre A à la vraie classification pour désigner un niveau de qualité commerciale décidé par le vendeur. Un « jade AAA » ne veut rien dire, et l’ambiguïté n’est pas innocente.
Ce que je peux dire de mes pièces, et ce que je ne peux pas
Voici l’état exact de mon information, sans arrondi.
- Le minéral
- Établi, quand la pierre m’arrive nue : la pesée hydrostatique sépare sans ambiguïté la jadéite, la néphrite, la serpentine et le quartzite. La mesure et sa date sont publiées sur la fiche.
- Le statut de traitement
- Non déterminé. Mon fournisseur ne connaît pas le statut de sa marchandise. Ce n’est pas une réponse évasive de sa part : c’est l’état ordinaire de ce marché, où la pierre passe par plusieurs mains avant d’arriver à un atelier.
- Ce qui trancherait
- Une spectroscopie infrarouge en laboratoire, seul examen qui voit la résine d’une jadéite B. Je n’en fais pas faire, et je ne prétends pas le contraire.
- Ce que la balance ne dit pas
- Rien du traitement. La résine ne change pas assez la masse pour se voir. Les trois limites de ma mesure.
Conséquence directe, et c’est une règle d’écriture que je m’impose : je n’écris jamais « jadéite A », « type A », « non traité » ni « naturel » sur une fiche de cette boutique. Non par prudence de rédaction, mais parce que ce serait affirmer une chose que je ne sais pas.
Je ne le laisse pas non plus entendre par omission. Chaque fiche qui publie une masse volumique publie, dans le même bloc, que le statut de traitement est non déterminé, et pourquoi.
Ce que ça change pour vous, concrètement
Puisque le statut est inconnu, je vous recommande de traiter chaque pièce comme si elle pouvait être imprégnée. Cela ne coûte rien et cela couvre tous les cas.
- Jamais de nettoyeur à ultrasons, jamais de vapeur. Une résine ne le supporte pas. De l’eau tiède, un peu de savon doux, un chiffon souple.
- Pas de solvant, pas d’alcool, pas de produit ménager, y compris pour nettoyer le métal.
- Pas de source de chaleur, ni radiateur, ni plage arrière de voiture, ni bain très chaud.
- À l’abri de la lumière directe prolongée quand le bijou ne se porte pas.
Le détail de l’entretien et comment ranger un bijou en jade.
Et si la couleur ou la matière d’une pièce reçue ne correspond pas à ce que la fiche annonce, le droit de rétractation s’applique comme pour n’importe quel achat à distance : la marche à suivre est ici.
Les rouleaux, les gua sha et les pièces sculptées aussi
Le décret vise le commerce des pierres gemmes, pas la forme donnée à l’objet. Un rouleau de massage ou un gua sha vendu sous le nom de jade y est donc soumis exactement comme une bague.
C’est précisément sur ce rayon que la règle sert le plus. La serpentine et le quartzite teint y sont la norme du marché, bien davantage que sur les bijoux : un « rouleau de jade » à quelques euros n’en est presque jamais un. Les objets de cette boutique sont soumis à la même mesure et à la même fiche que le reste, et j’explique ce qu’il faut regarder.
Ce que cette fiche n’est pas
Elle n’est pas un certificat, et je ne délivre aucun certificat. Je ne suis pas gemmologue, je ne dispose d’aucun laboratoire, et rien ici n’engage la responsabilité d’un organisme tiers. Ce document décrit l’information dont je dispose sur les pièces que je vends, y compris quand cette information est absente.
Sur un cas litigieux, ma réponse sera que je ne peux pas trancher, et je le préfère à une affirmation confortable. Écrivez-moi si une pièce vous pose question.
Cette fiche est mise à disposition avant l’achat et jointe à chaque commande, conformément à l’article 10 du décret n° 2002-65. La version en ligne fait foi. Si l’information disponible sur une référence change, la fiche produit et cette page sont corrigées ensemble.
Mise en ligne le 9 septembre 2026.