Pendentifs en jade

Un bouddha rieur, un disque Bi percé en son centre, un dragon, une Guanyin, un bagua, les douze animaux du zodiaque chinois, des gouttes polies. Quarante-cinq pendentifs en jade, en jadéite ou en néphrite, minéral nommé sur chacun.

Un pendentif se porte à même la peau et en prend la tiédeur. C’est la forme où la translucidité compte le plus, parce que la pierre passe son temps devant la lumière.

Les formes, et ce que chacune raconte

Cette grille se lit par motifs autant que par couleurs, et les motifs ne sont pas décoratifs : ce sont des formes anciennes, dont plusieurs sont documentées depuis le Néolithique chinois.

Le disque Bi
Un anneau percé en son centre, taillé dans la masse. C’est la forme la plus ancienne du jade chinois, présente dès la culture de Liangzhu. Le trou n’est pas un accident de fabrication : il est la forme. Ce que les motifs veulent dire.
Le bouddha
Le rieur au ventre rond, le plus demandé de tous. Le vert s’éclaircit sur les reliefs et fonce dans les creux, ce qui donne au visage son relief. D’où vient ce motif, et ce qu’on lui prête.
Le dragon, la tortue
Sculptés et percés. Les écailles et les stries retiennent l’ombre, les surfaces polies renvoient la lumière : le vert bouge à la marche, ce qu’un cabochon lisse ne fait pas.
Le cabochon, la goutte
Sans motif, tout dans la matière. C’est le montage qui pardonne le moins une pierre médiocre, et celui qui met le mieux en valeur une belle.

Ce que le commerce appelle « catégorie A », et ce que ça veut dire

Vous croiserez, sur cette requête, des pendentifs vendus comme « jade véritable catégorie A ». Le vocabulaire est installé dans les résultats et il rassure. Il mérite d’être expliqué, parce qu’il recouvre deux choses très différentes.

A, B et C désignent des TRAITEMENTS, et rien d’autre. A pour une jadéite dont la couleur et la structure n’ont pas été modifiées, B pour une pierre blanchie à l’acide puis imprégnée de résine, C pour une pierre teintée. C’est la seule classification qui existe, et elle ne dit rien de la beauté de la pierre.

L’échelle A, AA, AAA n’a aucune existence. Elle emprunte sa lettre à la vraie classification pour désigner un niveau de qualité décidé par le vendeur. L’ambiguïté n’est pas innocente, et vous ne la trouverez nulle part sur ce site.

Ce qui m’interdit d’écrire « catégorie A » sur mes propres pendentifs est simple : je ne le sais pas. Mon fournisseur ne connaît pas le statut de sa marchandise, et la pesée établit le minéral sans rien dire de la résine. Seule une spectroscopie infrarouge en laboratoire trancherait, et je n’en fais pas faire.

Le statut de traitement de ces quarante-cinq pièces est donc non déterminé, écrit en toutes lettres sur chaque fiche. La classification en entier, et la fiche d’information imposée par le décret.

Véritable, et ce que la balance établit

Ce qui se vend sous le nom de jade est très souvent de la serpentine ou du quartzite teint. Sur un pendentif sculpté, la confusion est encore plus facile : la sculpture attire l’œil et détourne l’attention de la matière.

Avant de mettre une référence en ligne, j’en commande un exemplaire ; quand il m’arrive sans bélière ni chaîne, je le pèse dans l’air puis suspendu dans un verre d’eau, et je publie la masse volumique obtenue avec sa date.

Valeurs de la littérature minéralogique. Les deux dernières lignes sont les matières vendues sous le nom de jade.
MatièreMasse volumique
Jadéite3,25 à 3,36
Néphrite2,90 à 3,03
Serpentineenviron 2,6
Quartzite, teint ou nonenviron 2,65

C’est ce chiffre qui autorise le mot véritable ici : il oppose le vrai jade à la serpentine, et jamais le non traité au traité. La méthode et ses trois limites, et comment vérifier un pendentif que vous possédez déjà.

La néphrite a un éclat que le verre n’a pas

C’est le meilleur repère de terrain, et il ne demande aucun instrument. La néphrite polie a un éclat cireux, entre la cire et le savon : la lumière semble s’enfoncer un peu avant de revenir. Le verre, lui, a un éclat vitreux, net et dur, qui reste en surface.

La jadéite est plus vive, plus proche du verre, mais son grain reste granuleux au fort grossissement là où le verre est parfaitement lisse et porte parfois des bulles. Les six critères que je regarde.

Regardez toujours un pendentif à contre-jour, jamais sous un plafonnier. Sous une lumière diffuse et de face, un jade paraît plat et opaque : c’est la première déception qu’on m’écrit sur cette matière.

Bélière, chaîne ou cordon

Un pendentif percé de part en part se porte sur un cordon, réglable au nœud coulissant, et ne met aucun métal au contact de la peau. Une pierre à bélière demande une chaîne, en argent 925 ou plaquée or. Un plaqué s’écrit plaqué, sur la fiche comme ici.

L’argent tient le vert sans le réchauffer ; le doré le tire vers le chaud et ramène de la lumière au visage. Ce que l’or change. Pour la longueur de chaîne, les repères sont ici : un pendentif descend en plus de sa propre hauteur, bélière comprise.

Un rappel utile : la chaîne n’est pas toujours fournie. Ce que comprend chaque référence est écrit sur sa fiche, et rien n’y est sous-entendu. Voir aussi les colliers en jade, où la pierre et la chaîne vont ensemble.

Le porter, et ne pas l’abîmer

Un pendentif est la pièce la mieux protégée du catalogue : il pend, il ne cogne pas. Ce qui le menace, c’est la rayure du poli et le choc au sol.

  • La dureté du jade est ordinaire, 6 à 6,5 pour la néphrite et 6,5 à 7 pour la jadéite, et le quartz de la poussière ambiante vaut 7. Une pochette par pièce. Pourquoi.
  • De l’eau tiède, un savon doux, une brosse très souple pour les creux d’une sculpture. Jamais d’ultrasons, jamais de vapeur, jamais de solvant. Le détail.
  • Sur un cordon, c’est le cordon qui s’use, pas la pierre. Quand le changer.

Ce qui suit change de registre, et je le signale plutôt que de le fondre dans le reste. Rien n’y est démontré : c’est ce que des traditions ont prêté à cette pierre et à ces motifs.

Le bouddha rieur, le disque Bi, le dragon et la tortue portent chacun un sens dans la culture chinoise, et ces sens sont documentés. Ce que la tradition met dans le jade, et pourquoi on l’offre.

Une pierre ne soigne rien, et l’avertissement complet est ici.

Questions fréquentes

Que veut dire « jade catégorie A » ?

Que la jadéite n’a été ni blanchie, ni imprégnée, ni teintée : taille et polissage seulement. C’est un statut de traitement, pas un niveau de qualité. Attention à l’échelle A, AA, AAA que pratiquent certains vendeurs : elle n’a aucune existence normative et emprunte sa lettre à la vraie classification. Le détail.

Vos pendentifs sont-ils de catégorie A ?

Je ne le sais pas, et je ne l’écris donc nulle part. Mon fournisseur ne connaît pas le statut de sa marchandise, et ma balance établit le minéral sans rien dire de la résine. Traitez chaque pièce comme si elle pouvait être imprégnée : ni chaleur, ni ultrasons, ni solvant. Pourquoi.

Que signifie le disque Bi percé ?

C’est la forme la plus ancienne du jade chinois, taillée dès la culture de Liangzhu, avant 2 000 ans avant notre ère. On la trouve dans les sépultures, et son sens exact reste discuté : les interprétations rapportées vont du ciel au symbole d’autorité. Ce que les motifs veulent dire.

Comment reconnaître un pendentif en verre teinté ?

Par l’éclat, d’abord : le verre est vitreux et net, la néphrite est cireuse et la lumière semble s’y enfoncer. Par les bulles, visibles à la loupe dans le verre et jamais dans le jade. Et par la densité, qui tranche définitivement. La marche à suivre.

La chaîne est-elle fournie ?

Cela dépend de la référence, et c’est écrit sur chaque fiche. Certaines pièces sont vendues montées sur chaîne ou sur cordon, d’autres seules avec leur bélière. Rien n’est sous-entendu : quand ce n’est pas écrit, ce n’est pas fourni.

Un pendentif en jade peut-il se casser ?

Le jade est exceptionnellement tenace, bien plus que la plupart des pierres, et c’est ce qui a permis d’en faire des haches au Néolithique. Mais une arête fine ou une sculpture ajourée s’écaille sur un choc dur. La différence entre dureté et ténacité.