Un pendentif jade vert monté sur un cabochon en goutte, tenu par quatre griffes dans un cadre ajouré qui l’enveloppe sans le couvrir. La boucle et la bélière sont pavées de petites pierres blanches. La chaîne est fournie. Le vert est profond, translucide, et très régulier.
En quatre lignes
- Cabochon en goutte, serti à quatre griffes dans un cadre ajouré.
- Pavé de pierres blanches sur la boucle et la bélière, non identifiées.
- Chaîne fournie. Sa longueur ne m’a pas été confirmée par écrit.
- Un vert profond et très régulier : la fiche discute cette régularité plus bas.
Un vert très régulier, et ce que je peux en dire
Ce cabochon est d’un vert profond, franc, translucide, et d’une régularité remarquable d’un bord à l’autre. C’est ce qui le rend beau, et c’est aussi ce qui doit être discuté plutôt que vanté.
Une couleur parfaitement homogène sur une pierre naturelle est rare, parce que le chrome ne s’est pas déposé à la commande. Elle peut venir d’un tri sévère sur un grand lot, ou d’une imprégnation colorée. Je ne sais pas laquelle des deux, je ne l’ai pas fait analyser, et le statut de traitement de cette pièce est non déterminé, comme celui de tout ce catalogue. Ce que recouvrent les lettres A, B et C.
Ce que je refuse d’écrire, c’est le contraire : ni « non traité », ni « naturel », ni « jadéite A », ni « type A ». Ces quatre mots sont ceux que le marché emploie exactement quand il ne sait pas, et le décret n° 2002-65 fait du silence sur un traitement une infraction, pas une discrétion. Je pèse, je ne certifie pas.
Le pavé blanc, et pourquoi il n’a pas de nom ici
La boucle et la bélière portent une vingtaine de petites pierres blanches serties en pavé. Mon fournisseur ne les nomme pas. À cette taille, un zircon cubique, une topaze blanche et un diamant se ressemblent beaucoup, et il faut une loupe et de l’habitude pour les séparer. Je ne les appellerai donc d’aucun de ces noms.
Ce n’est pas de la prudence excessive : nommer une pierre à tort est précisément ce que le décret sur les appellations sanctionne, et une boutique qui appelle « diamant » un zircon a déjà perdu le droit d’expliquer la différence entre le jade et la serpentine.
La goutte et les griffes, ce que ce montage change
Le cabochon est taillé en goutte, plus haut que large, et bombé. Quatre griffes fines le tiennent, deux en haut, deux en bas, et le cadre ajouré passe de part et d’autre sans jamais couvrir la pierre. On voit donc le jade sur presque toute sa surface, tranche comprise, ce qu’un serti clos interdit.
En échange, une pierre exposée prend les chocs d’angle en premier. Le jade est tenace, c’est-à-dire très difficile à briser, mais sa dureté est ordinaire : le quartz de la poussière ambiante, qui vaut 7, dépolit un cabochon bien plus sûrement qu’un choc. La différence entre dureté et ténacité.
Pourquoi j’écris pendentif jade vert, et pas seulement pendentif de jade
Parce que le mot jade, seul, ne dit pas grand-chose. Ce qui se vend sous ce nom est très souvent de la serpentine, étiquetée « new jade » ou « jade de Corée », ou du quartzite teint, vendu comme « jade de Malaisie ». Aucune de ces appellations ne désigne du jade.
Sur une pierre nue, la balance tranche : les quatre repères du relevé sont séparés par bien plus que l’incertitude d’une balance de cuisine. Sur une pierre sertie, elle ne tranche pas. Cette fiche l’écrit, et c’est tout ce que je peux vous offrir de solide sur cette pièce-là. Les gestes que vous pouvez faire vous-même.








